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Affichage des articles associés au libellé Saint-Jacques de Compostelle

Marcher pour se (re)trouver

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C'est l'histoire d'un livre que j'ai porté durant 1500 km et même davantage. L'histoire d'un livre qui évoque quelque chose de vital pour moi, la marche à pied. C'est aussi l'histoire d'un livre qui parle de rencontre avec soi-même, avec les autres, avec le monde. Une évidence. La marche et tout ce qu'elle nous apporte. La marche et tout ce qu'elle nous apprend dans tous les domaines, y compris spirituel, y compris politique et artistique , y compris bien-sûr en tant que pratique de développement personnel . L'humilité, la joie, le partage. Le dénuement. S'alléger. Se laisser emporter. Sortir des dépendances affectives. Vivre plus fort. Vivre plus grand. " Selon moi, il existe peu de chagrin, peu de souffrance, peu d'amères expériences, capables de résister à sa pratique régulière.  La marche use notre disque mental, polit nos ruminations. Elle permet de s’engager sans s’épuiser, d’être présent au monde en toute légèreté,...

Partir revenir

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Après plus de 1500 km à pied cap vers l'Ouest direction Santiago, une page est tournée. Il se peut que dans ma vie, des choses soient en train de se transformer. Presque malgré moi. Sans que ce soit d'une manière ou d'une autre un effort de ma volonté. J'ai fait la route, de bout en bout et même au-delà, et je suis fière de moi. J'ai marché dans la nuit, sous une chaleur d'enfer et parfois sous la pluie. J'ai marché en chantant (beaucoup), j'ai marché en pleurant, j'ai marché en me demandant ce que j'étais en train de chercher. Mais j'ai toujours continué. Reprenant matin après matin mon bâton de pèlerin. Un pied devant l'autre. Ne pas trop se poser de questions. Juste avancer. Honnêtement, ce n'était pas si compliqué. D'ailleurs il y a des enfants sur le chemin et des personnes vraiment âgées. Non, la difficulté n'est pas où je pensais qu'elle était. La vraie difficulté pour moi était de larguer les amarres, de laisse...

Humeurs pèlerines

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J'aime être cette fille sur le bord du Chemin, un peu nomade, un peu vagabonde. Celle que les autres regardent (et saluent souvent) lorsqu'ils vont travailler, faire leurs courses ou s'occuper de leurs enfants. J'aime être celle-là entre deux ports, deux étapes, deux vies sûrement aussi. Que les gens viennent interroger dans les gares ou les cafés, si facilement identifiable avec mon bâton et ma coquille sur le sac. Saint-Jacques ? Santiago ? Compostella ? J'aime être une parmi les autres, sans âge, sans histoire, sans métier. Juste une passante qui ne fait que passer, aller de l'avant, et en aucun cas ne reviendra sur ses pas. Et plus la route se fait, et plus le rire se fait léger. Kilomètre après kilomètre. Et nous recherchons l'ombre dans les fossés, faisons escale sur les trottoirs, pique-niquons sous les porches des églises. Voyageurs de la Terre et du ciel. J'aime marcher seule, méditante et souriante, enfin sortie de toute attente. J'ai...

Comment peut-on être pélerin ?

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C'est un moment étrange, celui où l'on saute le pas, portant sa maison sur son dos, tel un escargot. Descendre les grands escaliers de la Basilique du Puy comme on se jetterait dans le vide. Et devenir ce que les autres regardent avec beaucoup d'interrogations, voire parfois un zeste de dédain, un pèlerin.  Accepter de larguer les amarres sans bien savoir ni comment ni pourquoi, se mêler à d'autres dont on ne connaît pas les codes, partir, prendre la route. Enfin. Tourner une page sans trop connaître ce qu'il y a derrière, et renoncer. Renoncer à tant de choses de son plein gré et d'abord à ce que l'on croit qui constitue notre identité. Sur le Chemin, nous devenons un prénom, un lieu de départ, un autre d'arrivée (tout le monde ne va pas jusqu'à Santiago). Peu d'autres questions, sauf si l'on tisse au fil du temps des liens plus profonds. Renoncer aussi à notre confort et ce que l'on croît être notre sécurité. Comment peut-on être ...

Pourquoi je pars...

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Dans un peu plus d'un mois, la veille de la Pentecôte, très tôt le matin, je partirai. J'irai à la messe des Pèlerins dans la cathédrale du Puy-en-Velay, puis je prendrai la route pour tenter à mon tour de rejoindre Saint-Jacques de Compostelle, une parmi des centaines, par la route des gens ordinaires, comme la désignait Paolo Coelho.  Plus de 1500 km à pieds, seule (et sûrement très entourée !), sans prévoir plus que raisonnable les étapes ni le tracé. A la grâce de Dieu. Ce Dieu auquel je ne sais même pas si je crois, dans l'acception catholique du terme en tout cas. Et si je pars, c'est d'ailleurs sans doute pour éprouver ma foi. En l'autre, y compris le plus grand que moi, en la vie, et aussi en moi.  Depuis quelques jours, alors que le compte à rebours a indéniablement commencé, que je préviens mes amis, mes patients, que j'organise mon absence et mon chemin, la question qui revient le plus souvent, c'est, Pourquoi ? Pourquoi quitter Paris au...