lundi 24 novembre 2014

Le temps du changement

La naturopathie est une école de patience. La psychothérapie aussi. Tout changement s'inscrit dans un processus sur la durée. C'est à cette condition qu'il respecte nos structures physiques. Et psychiques. 

Comme il est difficile de faire comprendre cela aux personnes qui viennent me voir ! Ils ont tellement pris l'habitude d'appuyer sur un bouton on/off avec la médecine allopathique qu'ils voudraient s'inscrire dans la même logique : "J'avais mal à la tête : chouette, je n'ai plus mal à la tête !". Il ne se passe rien de tel chez moi, j'ai hélas égaré ma baguette magique ! Mais le temps joue en ma faveur, en notre faveur.

Car dès que la personne met en place le contexte d'une autre vie, d'un soin de soi différent, d'une nouvelle alimentation, d'une évolution de perspective, doucement, les choses se transforment. C'est quasi imperceptible et pourtant cela existe, et chacun le sent bien. Comme quelque chose qui s'allège. Petit à petit. A condition de tenir la durée. Paris ne s'est pas fait en un jour. Pas plus que le bien-être que l'on se propose d'expérimenter : il ne sert à rien de se bousculer, de se faire violence, au contraire, cela ne peut que susciter une réaction importante de nos mécanismes de défense. Pour illustrer ce qui se passe dans notre corps, je donne souvent l'exemple d'une ceinture de sécurité : si vous tirez dessus comme une brute, elle va se bloquer (c'est d'ailleurs à ça qu'elle sert !), mais si vous la faites glisser avec douceur, elle va se dérouler avec fluidité.

Patience, douceur, humilité sont donc les mots clés du chemin vers soi-même. Persévérance, détermination, engagement pour soi, implication : "Ne vous lâchez pas", répète à l'envie Danièle Flaumenbaum. Ne nous lâchons pas. La sagesse populaire sait qu'il faut aussi longtemps à la jeune maman pour récupérer qu'il ne lui en a fallu pour "faire" son bébé, soit environ 9 mois. Depuis combien de temps avez-vous cesser de prendre soin de vous, mangez-vous n'importe quoi, dormez-vous trop peu ? Cinq ans, dix ans, vingt ans ? Et vous voudriez récupérer complètement en un mois, deux mois, trois mois pour les plus patients... Je ne sais pas faire. Oui, ce que je propose est un chemin. Un chemin vers soi-même, vers davantage de bien-être, de légèreté, de joie. Un chemin qui ne s'arrête jamais d'ailleurs. Pour ma part, j'expérimente encore et toujours des choses nouvelles, des manières innovantes de m'alimenter, de me chouchouter. Et j'adore ça. On dit, et c'est à peu près ça dont j'ai été témoin, qu'il faut quatre ans pour faire un vrai changement alimentaire (et ne plus avoir du tout la même chose dans ses placards, je veux dire exit le Nutella et le Coca-Cola et n'en avoir même plus envie), six mois pour les personnes qui présentent une vraie pathologie. Quatre ans, ce n'est pas si long que ça finalement. Donnez-vous le temps, essayez progressivement, acceptez d'aller dans des impasses, de faire demi-tour et de recommencez. Mais ne cessez jamais d'expérimenter. La vie est un terrain de jeu, un lieu d'initiation. Nous sommes extrêmement privilégiés d'avoir été invités à en profiter.
Visuel : Victor Monier.

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