jeudi 13 novembre 2014

Haro sur les bons de commande !

Bon, alors... Comment dire ?... Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, même parmi mes chers collègues naturopathes, mais enfin : de qui se moque-t-on ? Il n'est pas un jour où l'on ne me montre des bons de commande de compléments alimentaires, longs comme le bras, conseillés qui par un médecin, qui par un thérapeute dit alternatif (naturopathe, mais aussi ostéopathe, ou je ne sais quoi...) : les patients, ou du moins, vous qui me lisez, savez-vous que la personne qui vous donne ce bon de commande est rétribuée par le laboratoire en question pour ses bons et loyaux services ?

Le problème, c'est que cela n'augure en rien de la qualité du laboratoire en question (Sofibio, Lescuyer, La Royale, Bionutrics...) : certains peuvent être formidables, d'autres beaucoup moins. Et le thérapeute se retrouve ainsi en porte-à-faux, tenté - qui ne le serait pas ? -  de conseiller des produits, parce qu'il va toucher une petite commission sur leur vente. On a assez critiqué les pharmaciens, on a assez crié haro sur les médecins (et leurs vacances aux Bahamas) pour ne pas faire la même chose, je crois...

J'entends déjà les cris indignés de mes futurs ex-amis ! "Ce n'est pas toujours de l'argent"... Bon, c'est vrai. Ça l'est souvent, mais pas toujours. Ça peut être des systèmes complexes de bons pour avoir des cadeaux, des réductions pour inonder de compléments alimentaires toute sa famille (que les labos offrent les nouveautés pour que nous puissions les comparer ou les faire tester, je trouve ça plutôt normal, c'est ce qu'il y a autour qui me dérange), ou - pour ceux qui ont des méga problèmes de conscience - des dons à des associations...

Alors comment faire ? Quand on est du côté de celui qui recommande des produits : refuser le système. C'est ce que je fais. Je ne veux pas de pseudo-visiteurs médicaux, ni de cadeaux, ni de jolis bons de commande à mon nom. J'achète les produits, je compare leur composition, je les teste ou les fais tester. Point barre. C'est vrai, c'est plus compliqué pour mes clients qui doivent se livrer à une vraie chasse au trésor pour trouver les bons produits au bon endroit, mais on n'a rien sans rien, n'est-ce-pas ?

Côté patient, vigilance si votre thérapeute vous donne un bon de commande avec un numéro : c'est lui qui va permettre de le tracer et de le rémunérer. Alors, rayer bien le numéro sur le bon de commande ou passer votre commande par internet en ne nommant pas la personne qui vous a recommandé le produit. Comme ça, un jour les labos qui cesseront de financer les "prescripteurs" vendront leurs produits beaucoup moins chers (ça peut aller jusqu'à 30%, ce n'est pas rien...). Et on sera tous gagnants.

Nous avons cherché avec des consoeurs à organiser un système de regroupement de produits sans rémunérer les thérapeutes. Nous nous sommes faites blacklister, et vilipender par de nombreux collègues et professeurs. L'argument : "il faut bien mettre du beurre dans les épinards". Je ne suis pas d'accord : le beurre dans les épinards, on le trouvera ailleurs, sûrement pas en faisant des petits arrangements dans le dos des personnes qui nous honorent de leur confiance.

1 commentaire:

  1. Merci de cette info. Je commente un peu tard par rapport à la date de diffusion. Il est difficile de contourner le thérapeute car certains labo demandent la référence du thérapeute sinon pas de commande.
    Cordialement

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