samedi 21 mars 2015

Ma destinée

Il n'existe pas de hasard, mais que des rendez-vous, disait Paul Eluard. C'est quelque chose qui saute au yeux lorsque l'on arrive comme moi au mitan de sa vie. L'on peut alors s'émerveiller à posteriori de l'incroyable cohérence du chemin parcouru. 

En ce moment où je me réjouis tant d'accompagner les gens, d'une manière ou d'une autre, afin que leur parcours se fasse avec le plus de joie et de légèreté possible, je ne peux que me souvenir à mon tour, de ces moments, de ces rencontres, de ces enseignements qui ont donné à ma vie sa saveur singulière...

Je me souviens que j'ai d'abord rêvé d'être fermière, puis surtout herboriste, et enfin acupunctrice, autant de métiers qu'il était difficile voire impossible d'exercer en France il y a une trentaine d'année... On me disait qu'il fallait que je devienne pharmacienne et que je rétorquais que cela n'avait rien à voir. Je pense toujours que cela n'a rien à voir...

Je me souviens de l'herboristerie de Milly-la-Forêt où l'on s'arrêtait après avoir fait de la randonnée dans la forêt de Fontainebleau, je me souviens que je voulais soigner toute ma famille avec des plantes, que je n'arrêtais pas d'en acheter et que je les gardais dans des boîtes à thé en métal. Je n'avais pas quinze ans. Cette herboristerie existe toujours. J'adore encore m'y rendre, et j'ai toujours envie de la dévaliser !

Je me souviens de mon amie de lycée, Véronique, qui m'a fait découvrir la macrobiotique et ce livre Cuisine pour une vie nouvelle (j'ai toujours ce livre chez moi, même si je suis beaucoup plus critique au sujet de ce régime alimentaire). Je me souviens avoir essayé de faire du tofu chez mes parents. Ma maman s'en souvient aussi probablement. On a fini par tout jeter dans les toilettes ! Pas si simple de faire de la cuisine autrement !

Je me souviens des premiers magasins bios qui me faisaient tellement rêver, de ma tante qui faisait du Kéfir dans sa cuisine, du restaurant Le bol en bois où j'adorais aller, même si les clients ne respiraient pas la joie de vivre, c'est certain. Et je me disais, ce monde est fait pour moi. Il l'était.

Je me souviens du moment précis où j'ai décidé d'arrêter la pilule (suite à la mort de mon papa d'un cancer), me disant que j'en avais fini avec cet univers de la chimie. Je me souviens aussi que la vie m'a fait mettre de l'eau dans mon vin et que parfois la chimie, c'est aussi la vie, en tous cas la guérison de ma belle-fille et qu'il a bien fallu que j'apprenne, toute passionnée que j'étais, que rien n'était tout noir ni tout blanc, et que l'on pouvait concilier, faire cohabiter différents principes, différentes connaissances. Et que la solution était probablement dans cette direction, la voie du milieu, la troisième voie.

Je me souviens du premier livre de naturopathie que j'ai acheté (je l'ai toujours aussi), je n'étais pas majeure, je pense. Je me souviens m'être dis, c'est trop tôt, jamais mes parents n'accepteront que j'exerce un métier si "spécial". Je ne leur en avais même pas parlé. Ils auraient peut-être accepté. Ils m'ont toujours soutenu dans mes rêves et mes projets. C'était sûrement trop tôt pour moi.

Je me souviens du premier article que j'ai fait sur la naturopathie à Psychologies. Je me souviens du service pub qui est monté nous voir pour nous demander si ce n'était pas une secte... Je me souviens que nous avions bien ri, Patricia et moi. Elle, qui a longtemps été ma chef pour ce journal, m'a fait faire des papiers qui ont clairement orienté ma vie, comment se revitaliser, comment se détoxifier, les vertus du jus d'herbe, des thématiques naturopathiques s'il en est... Je lui dois beaucoup et lui suis tellement reconnaissante de tout ça.

Je me souviens aussi de Violaine, aujourd'hui psychothérapeute et qui bossait également à Psycho à l'époque, de ce jour où je la croise dans l’ascenseur et où elle me dit, j'ai besoin que tu écrives un livre pour moi. Mon premier livre. Aujourd'hui, j'en suis au neuvième ou dixième, je ne sais plus. Sans elle, sans ce bel hasard... A l'époque, j'étais prête, j'avais envie, mais je pensais que je n'aurai ni le temps, ni les idées, ni la légitimité. Violaine a été le bon ange qui m'a permis d'y accéder. Tout s'emboîte tellement bien, c'est impressionnant.

Je me souviens de cet instant tout aussi précis, où à force d'interviewer des naturos et d'être frustrée de ne pouvoir leur poser toutes les questions que je voulais, je me suis dis, tant pis, j'y vais. Je me souviens de la tête de mon compagnon de l'époque, professeur de pharmacie, lorsque je lui ai partagé mon souhait de reprendre des études. En plus, de naturopathie ! Lui aussi est mort aujourd'hui. Paix à son âme et merci...

Je me souviens du jour de la rentrée. C'était au Cenatho, mon école de naturo. Je me souviens que je me suis dis que j'étais enfin à ma place, chez moi, à la maison. J'ai rencontré des frères et des sœurs, dont certains sont encore des amis tellement proches aujourd'hui. L'incroyable sensation d'être là où l'on doit être. L'année suivante je reprenais des études de psychothérapie, grâce à Victoire, une autre magnifique fée qui me fait la joie d'être mon amie. Depuis je n'ai cessé de me former. Apprendre encore et toujours. De passions en passions. Incapable de m'arrêter. Ma destinée.

Visuel : Fotolia


2 commentaires:

  1. Merci Odile pour ce partage : -)

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  2. Merci Elsa de ton soutien constant ! Ta présence est un véritablement encouragement...

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