jeudi 26 mars 2015

L'exigence de cohérence

Il s'agit d'un de mes thèmes favoris, redondants : comment transmettre un message si l'on ne cherche pas à l'incarner soi-même ?

Je ne dis même pas, si on ne l'incarne pas soi-même... Nous sommes tous en chemin, et l'on n'est rarement arrivé à la quintessence de ce que l'on voudrait être : on peut écrire un livre sur l'amour et ne pas toujours exprimer l'amour au jour le jour. Humain, tellement humain... Mais notre engagement alors est bien d'essayer de le vivre autant que possible. Faire au mieux. Tendre vers. Il ne s'agit donc vraiment pas d'essayer d'aller vers ce que j'appelle "l'illusion de la perfection". Mais de donner le meilleur de soi dans la ou les directions que l'on s'ait choisies.

Difficile de diriger une marque de cosmétique bio et de rouler en 4x4 (sauf si nos conditions de vie l'exigent bien-sûr), difficile d'être militant écologiste et de manger n'importe comment, difficile d'être thérapeute et de ne pas prendre soin de soi... S'il n'y a pas d'obligation de résultats, il y a bien une obligation de moyen : "je donne le meilleur de moi", répète la psychothérapeute Nicole Aknin. Oh oui, c'est absolument essentiel.

Sinon, notre vie n'est que dispersion et perte de temps. Affirmer une chose et faire son contraire, c'est s'infliger à soi-même une double-contrainte permanente, et donc à terme générer de la dysharmonie et de la souffrance. Dont on est soi-même responsable pour soi...

Cela pose d'ailleurs la question du mensonge, mais le pire mensonge qui soit, le mensonge que l'on se fait à soi-même. Déjà, je pense que le mensonge que l'on inflige aux autres est un énorme voleur d'énergie : Avons-nous encore dix ans que l'on ne soit pas capable d'assumer nos actes et l'on se sente obligé de les travestir ? Mais le mensonges vis-à-vis de soi va au-delà de ça : c'est passer outre son ressenti, ce sentiment de dissonance intérieure et persister malgré tout dans nos affirmations, nos actes, nos choix. Parce que l'on n'est pas capable, parce que l'on a peur d'aller au-delà. Nul jugement dans mes propos, je suis si bien capable comme les autres de "m'auto-enfumer" : la vie en revanche m'a rarement laissé m'embourber très longtemps dans mes illusions...

Un tel processus est encore pire lorsque l'on écrit, que ce soit dans un blog ou dans des livres. Je crois beaucoup à la puissance de l'écriture, qu'elle soit thérapeutique ou prospective : "Je veux quelque chose, je l'écris", pourrait être mon leitmotiv. Car l'étape d'après pourrait s'exprimer ainsi, "j'écris quelque chose, je l'incarne"... Bon gré, mal gré d'ailleurs. A nous donc d'être doublement vigilants dès que l'on inscrit quelque chose dans la réalité, et à la face du monde qui plus est.

Sans raideur mais avec rigueur, il importe donc de tenter d'ajuster nos actes avec notre parole. "Marche ta parole" disent les Accords Toltèques*. Faire ce que l'on dit, dire ce que l'on fait, écrire ce que l'on tente d'incarner, être impeccable, le plus entier possible. Accepter nos zones d'ombre, car elles font partie de nous, afin de les transformer en lumière au fil du temps, et non les nier, ce qui ne ferait que les renforcer. Mais faire avec, les yeux grands ouverts... "J'en suis là, je sais que j'ai une marge de progression, et je ne me décourage pas. J'y vais aussi, patiemment, tendrement, c'est la route que je me suis choisie. Je l'aime et je sais que je parviendrai à la parcourir. Petit à petit. "

Pour ma part, mon exigence de cohérence se situe au niveau de la transmission du bien-être (ce qui m'engage à prendre soin de moi donc mais aussi des autres et en particulier de mes proches, être là pour eux, les soutenir envers et contre tout), du respect de la planète (je passe ma vie à traquer les lumières allumées, à me faire violence pour rester le moins longtemps possible sous la douche chaude du matin...), et de la joie de vivre (célébrer la vie, même et surtout quand c'est difficile, un sacré challenge !). J'y travaille, je m'y attelle, je ne lâche pas, je persiste, j'insiste même lorsque les vents ne me sont pas favorables, j'avance, je recule, et j'avance encore. Peut-être qu'un jour ce sera (encore plus) facile, mais je reste soutenue, portée par cette croyance, que je serai bien incapable de délivrer un message si je ne l'expérimentais pas, si je n'irradiais pas moi-même son énergie... Merci alors à vous de m'en donner la possibilité, de me soutenir par le fait même que vous me lisez.

* Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz (Editions Jouvence)

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