jeudi 8 janvier 2015

Bonsoir ,Tristesse

C'était il y a trois jours, c'était il y a un siècle. Je fêtais joyeusement mon anniversaire, entourée de personnes que j'aime, je commençais un nouveau cycle d'enseignement, j'écrivais mon prochain livre, je préparais mon programme de l'année. Je ne dis pas que tout était rose dans le meilleur des mondes. Je dis que c'était la Vie, ma vie telle que je l'aime, avec ses joies et parfois ses peines. Je passais devant le kiosque à journaux du coin de ma rue et voyant Jésus caricaturé dans la crèche sur la couv de Charlie Hebdo, me disais "Ils sont culottés quand même". Aucune indignation, plutôt de l'admiration. La liberté d'expression ne se discute pas...

Aujourd'hui nous voilà, KO debout, les larmes aux yeux, submergés d'émotions. Le monde de la presse est petit à Paris. Je ne connaissais pas ceux qui sont morts. Je connaissais leur fille, leur compagne, leurs amis. Oui, je suis triste. Oui, je pleure. Dans les bras de mes proches, au téléphone. Ou en souriant aux inconnus dans la rue. Tous ensembles.

Dans de tels moments, les choses essentielles reviennent en force : parler, partager, aimer, nous recueillir, dire notre peine. Dire surtout notre attachement à des valeurs,que l'on croyait il y a peu indiscutables. Indiscutées. Liberté. Égalité. Fraternité.

Depuis longtemps, je dis que les deux mots que je préfère dans la langue française sont, Jubilation. Subversion. Je pense que Charlie Hebdo incarne à merveille ces deux mots, ces deux énergies, des deux envies. L'humour en plus.

C'était il y a trois jours. C'était il y a un siècle. Ce soir aussi. Je suis Charlie.

Visuel : Jean Jullien

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