lundi 7 novembre 2011

Petit Eloge de l'ennui, mon nouveau livre à découvrir !

Voici l'avant-propos de mon dernier livre, qui vient d'être publié aux Editions Jouvence dans la collection The Different Magazine que nous avons créé avec eux :

"Parler de l’ennui, lire sur l’ennui, évoquer l’ennui, qui en a vraiment envie ? L’ennui serait-il en train de devenir l’un des derniers tabous d’une société surmenée ? A force de chercher à l’éviter contre vents et marées et de se programmer des occupations pour chaque heure de la journée, ne risquons-nous pas de basculer sans y penser de l’exaltation à la dépression ? Et s’il était temps de découvrir, puis d’apprivoiser ce temps de vacuité où notre esprit peut enfin vagabonder ? Et s’il était possible de pactiser avec lui pour en faire un allié, moins le redouter, voire même, de temps en temps, l’espérer. Et si l’ennui n’était pas que ce que l’on croyait ? Sous son apparente âpreté, s’il était plus riche qu’il n’y paraît ?
Ne nous laissons pas abuser par les apparences justement. Sinon il n’y aurait rien à dire sur l’ennui, ce sentiment prégnant de vide et parfois de mélancolie. Sinon, nous serions tentés de croire que parler même de l’ennui serait obligatoirement ennuyeux. Pourtant, je suis convaincue que l’ennui cache bien son jeu et que nous avons beaucoup à apprendre de lui…

Pourtant le fait même de réfléchir sur l’ennui peut sembler laborieux, ou en tous cas moins excitant que d’enquêter ou de s’interroger sur l’amour à quarante ans, ou l’art et la manière de devenir millionnaire. L’ennui n’est pas un sujet glamour, ni vraiment dans l’air du temps. Même si l’on aimerait se dire que c’est un sujet intéressant. Histoire de prendre notre respiration dans une époque survoltée. Et de retourner aussi sec à nos addictions, notre rythme de vie effréné. Pourquoi faudrait-il s’arrêter ? Et comment le vide pourrait-il nous enseigner quelque chose ? N’avons-nous pas si vite l’impression d’avoir tout compris… D’autant que la vie semble s’accélérer, se bousculer, et même parfois s’essouffler, nous sommes sollicités tant et tant de fois dans la journée, que le fait même d’envisager de nous arrêter pourrait nous angoisser. Freiner ? Ah même freiner, c’est compliqué. Alors dire stop, qui pourrait y penser ? Rester là, bras ballants à ne rien faire, rien de rien, à laisser son esprit voyager sans plan de vol, sans direction imposée. Laisser la pensée suivre son fil, sans axe, sans cadre, sans contrainte, avec parfois ses impasses et ses sens interdits. Errer dans les dédales de notre esprit, sans rien chercher. Pour parfois trouver."

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